Il y a des gens étranges qui habitent mon immeuble!
Pour la petite anecdote, j'ai véritablement habité à Saint Cloud (92) pendant presque deux ans dans le fameux bloc d'immeubles ou se situe l'intrigue. Les personnages décrits et rencontrés dans cet immeuble sont pour la plupart réels, j'ai juste changé leurs noms pour préserver leurs anonymats.
Certains évènements à priori insensés ont vraiment été vécu...
Je m'étais donc dis qu'il faudrait en faire une histoire! Et voila...
Evidemment il s'agit à la base d'une fiction!
Bonne lecture

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ATTENTION
par foortune, le 10 Mars 2008 à 17:37 (modifié le 14/03/2008 à 21:33)
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aucun commentaireChapitre 1 / 1H30...
par foortune, le 10 Mars 2008 à 17:38 (modifié le 12/03/2008 à 15:23)
Nuit du Dimanche au Lundi
Je viens enfin de finir de ranger l'essentiel. Je n’aime vraiment pas les déménagements !
Il est déjà une heure du matin…et demain je reprends le boulot.
J’aurais passé mon w.e prolongé entre Nanterre et Saint Cloud.
Quelle galère !
Je regarde par la baie vitrée de mon nouvel appartement du deuxième étage.
J’ai coupé la lumière car je n’ai pas encore de rideau…et j’ai déjà remarqué une petite vieille de l’immeuble sur la droite qui n’a pas cessé de m’observer par sa fenêtre !
On ne sait jamais !
Ici il fait vraiment calme ! Une petite résidence de trois immeubles en U uniquement peuplé de riches retraités! Le bonheur quoi…moi qui ne supporte plus le bruit, la musique, les cris…
En plus mon boulot est juste à côté ! A peine dix minutes de marche et hop me voilà !
Je sens que je vais être bien ici finalement.
Au départ pourtant j’ai émis quelques doutes. Ayant du quitter en urgence mon ancien appartement pour cause de futur démolition je me demandais bien ou j’allais dormir !
Dans la capital tout est hors de prix…Et puis ma grand mère est venue à mon secours !
Un 100m2 gratuit à Saint Cloud, cela ne se refuse pas !
Bon...les tapisseries sentent un peu le vieux…mais après dix ans d’inoccupation c’est normale après tout !
A ce propos il faudra que je lui demande pourquoi personne ne l'habitait cet appartement !
Mes cartons restant font un peu désordre dans la grande pièce. Je ne sais pas quand j’aurais le temps de tout déballer.
Mon regard se pose soudain sur l’immeuble d’en face. Un mouvement a attiré mon attention !
Pourtant tout est noir…tout le monde dort déjà à cette heure !
Je vois la fenêtre de l’appartement du rez de chaussée s’ouvrir.
Sans savoir vraiment pourquoi je me dissimule un peu plus dans l’ombre.
Un chat apparait sur le rebord de la fenêtre. Se passe la patte derrière les oreilles puis saute sur la pelouse. Ne tarde pas à suivre ce qui semble être une femme. Je ne distingue pas ces traits mais elle semble avoir des difficultés à suivre l’animal ! Son imposante masse corporelle la gêne pour enjamber la fenêtre et elle finie par s’écrouler à côté du chat !
Elle se relève, referme la fenêtre de l’extérieure, passe les mains dans les plis de sa robe puis fini par disparaître dans la pénombre avec le chat.
Je me rend compte alors que j’ai cessé de respirer pendant toute la scène.
Ai je rêvé ? Mon réveil indique 1h30 du matin !
Je regarde de nouveau dehors. Pas âme qui vive !
…
3 commentairesChapitre 2 / Le gardien
par foortune, le 12 Mars 2008 à 15:15 (modifié le 12/03/2008 à 23:12)
Lundi matin
Je ferme la porte de l’appartement et descend en courant les escaliers.
Bon sang je vais être en retard ! Je m’engage d’un pas décidé dans l’allée qui longe les trois bâtiments.
Tout en vérifiant que les clés sont bien dans mon sac je ne peux m’empêcher de fixer l’appartement du rez de chaussée ou j’ai vu le chat et la grosse dame cette nuit.
J’aperçois soudain le gardien près de la grille entrain d’arracher des mauvaises herbes de bon matin.
- bonjour Monsieur Micet !
- bonjour jeune fille ! alors comment c’est passé votre déménagement ?
- j’ai pas encore fini ! il y a des cartons partout !
- si vous avez besoin d’aide n’hésitez pas je suis la pour cela !
- c’est gentil je m’en souviendrais.
Je vais pour continuer mon chemin quand finalement je me retourne de nouveau vers lui.
- j’ai remarqué une vieille dame qui m’a observé tout le w.e par sa fenêtre !
- Ah ! vous devez parler de Madame Gerdigon ! ne vous en faites pas elle est pas méchante ! ces enfants ne viennent pas souvent la voir alors elle passe son temps à regarder les locataires par sa fenêtre ! une vrai commère ! surtout évitez de tomber entre ses griffes car elle ne vous lâchera pas avant une heure !
- Les gens ne se sont jamais plaint ! moi cela m’a un peu gêné quand même !
- Il faut mettre des rideaux c’est tout !
Je commence à mordouiller mes lèvres. Comment vais je pouvoir lui demander ça !
- euh je voulais savoir…l’appartement au rez de chaussée en face de chez moi…il est occupé ?
- non il est vide ! le propriétaire habite six mois de l’année à l’étranger pour son travail je crois…mais pourquoi cette question ?
- et bien…j’ai cru voir quelqu’un hier soir et…
- non non impossible ! vous avez du vous tromper !
Pendant une fraction de secondes une grimace déforme son visage avant que celui ci ne reprenne son air jovial ! ai je rêvé ?
- vous savez il y a plein de chats ici ! il n’y a que ça même !
Il se met doucement à rire et je l’imite mine de rien.
Je vais vraiment être en retard !
- au faite voulez vous que je vous apporte votre courrier ?
- euh oui merci ! ça m’arrangerais !
- je vous mettrais également la clé de votre cave…
Je m’éloigne déjà en courant. Il n’est pas net ce gardien ! trop polie ! trop gentil !
Je suis sur qu’il sait de quoi je parle….
Soudain je pense à ce qu’il vient de me dire…la clé d’une cave ?
Mais je n’ai pas de cave !
5 commentairesChapitre 3 / L'homme de l'ascenseur
par foortune, le 14 Mars 2008 à 12:35 (modifié le 23/03/2008 à 16:54)
Lundi après midi/ Lundi soir
J’arrive complètement essoufflée devant mon boulot.
Déjà une file de gens moroses patientes devant la porte du cabinet dentaire.
Je rentre et referme derrière moi..
Mon patron se tient devant le secrétariat l’air hagard.
Grand et maigre comme un clou sous sa blouse blanche, les cheveux en bataille et des petites lunettes qui lui tombent sur le nez…il a l’air d’un véritable fou !
Je prend une grande inspiration.
Je n’ai jamais compris comment il pouvait avoir autant de client. Jamais je n’irais me faire soigner chez lui ! Les gens ont toujours l’air plus mal en point quand ils sortent d’ici !
Il me regarde comme s’il ne m’avait jamais vu.
- faites entrer les clients Maude…
- c’est Claire Docteur…
- oui c’est ce que je voulais dire !
Après un an il ne sait toujours pas comment je m’appelle…c ‘est désespérant au possible !
La journée pourrait se résumer par une succession de gens qui se plaignent. Cinquante fois par jours on me serine un « j’ai mal aux dents » sur tous les tons possibles !
Les enfants sont les pires. Ils pleurent, ils crient et généralement encore plus fort lorsqu’ils sortent du cabinet ! Moi mon travail c’est de recevoir ces gens, de mettre en forme leurs dossiers, puis de leurs expliquer patiemment si possible pourquoi le docteur à une heure de retard sur son planing. Un métier fantastique et proche des gens quoi !
Lorsque enfin le dernier client déguerpie il est déjà 19h00 du soir. Au moins je ne vois pas passer les jours.
La salle d’attente étant vide j’en profite pour faire rapidement le tour des sièges.
C’est inimaginable le nombre de chwingomes que l’on trouve collés dessous !
J’enfile des gants en plastique et m’amuse à les retirer un par un. Bleus, verts, rouges…
Une vingtaine à mon actif pour aujourd’hui.
Je fini par frapper doucement à la porte du Docteur.
- euh…Docteur Miller j’y vais ! il n’y a plus personne. Maria, vous savez la femme de ménage, elle devrait pas tarder ! ok ?
J’entends un grognement étouffé. Au moins il ne s’est pas suicidé c’est déjà ça… Je sors enfin dans la nuit et le froid.
Tout en marchant je repense à la femme du rez de chaussée et son chat, à Madame Gerdigon la commère, au gardien et à la clé de ma cave…
En deux jours il s’est passé plus de choses bizarres que dans toute ma vie !
Arrivée au portail de l’immeuble je remarque que le box servant de conciergerie au gardien est fermée. J’aurais pourtant bien voulu le voir celui la !
Je traîne les pieds jusqu'à mon bâtiment et par flemme opte finalement pour l’ascenseur. Mais je ne suis pas seule.
Un homme au regard sombre et au visage dure s’y trouve déjà. Il se pousse un peu pour me laisser de la place.
La porte se referme sur nous…et mon regard tombe soudain sur ce qu’il tient entre les mains.
Je manque de m’étouffer avec ma propre salive. Un frison incontrôlable fait trembler tout mon corps ! Mon cœur devient fou !….mon dieu je veux sortir d’ici !!!
L’homme me fixe avec un petit sourire mine de rien et je tente en vain de lui rendre.
- Vous êtes la nouvelle du deuxième, Mademoiselle Chatel Claire ?
- Mmmh…
- Enchanté…je suis Monsieur Mory du quatrième…vous savez…j’ai bien connu votre grand père.
Je n’écoute pas la suite. Je fais un signe d’excuse et me précipite hors de l’ascenseur.
Je suis entrain de devenir folle !
J’ouvre la porte de l’appartement en tremblant et la referme à double tour derrière moi.
Je remarque à peine la pile de courrier et la petite clé qui ont été déposées sur le meuble.
L’homme de l’ascenseur tenait un fusil sniper entre les mains.
4 commentairesChapitre 4 / Coup de fil...
par foortune, le 23 Mars 2008 à 16:52 (modifié le 23/03/2008 à 21:48)
Lundi soir
Toujours appuyée dos contre la porte d'entrée je manque de hurler quand le téléphone se met soudain à sonner!
Mes mains sont moites, la tête me tourne.
Peut être que mon imagination m’a joué des tours ! Il doit probablement y avoir une explication logique !
Il faut que je me calme...je reprends un peu mes esprits !
J'allume la lumière du salon, décroche enfin le combiné puis me vautre dans le canapé.- Allo ?
- Bonsoir ma chérie ! C’est Mamie
- Bonsoir Mamie ! Comment vas tu ?
- C’est plutôt à moi de te demander ça ! et ton déménagement ?
- Bah j’ai pas encore fini en faite ! y’en a un peu partout encore ! Je te remercie vraiment tu sais ! L’appartement est super grand, je vais être bien je pense. En plus tu sais mon boulot est à côté !
- Tant mieux ! Je voulais te dire de ne pas hésiter à demander au gardien de t’aider ! C’est Monsieur Micet. Tu l’as déjà rencontré ?
- Euh oui oui… ce matin même en allant au boulot ! A ce propos je voulais savoir…en rentrant là j’ai trouvé une pile de courrier dans l’entrée ! Il a un double des clés ?
- Oui bien sur ! Depuis que plus personne n’habite l’appartement je crois ! C’était au cas ou il y aurait un soucis.
- Mais on peut lui faire confiance ? Je veux dire on donne pas des clés comme ça à n’importe qui Mamie !
- Il est très gentil ne t’inquiète pas ! On peut vraiment lui faire confiance croit moi !
- Mouais…je vais voir ça…à oui sinon il m’a donné une clé ! attends…
Je me lève et prend la petite clé sur le tas de courrier. Probablement celle de la fameuse cave ! En passant je jette un coup d’œil dehors et remarque que la vieille dame de l’immeuble d’à côté, Madame Gerdigon, épie encore mon appartement !
- Mamie…la folle d’à côté là ! Tu vois de qui je parle…Madame Gerdigon ?
- Oh… je l’avais oublié celle là !
- Elle regardait déjà par sa fenêtre quand tu habitais l’immeuble ?
- Malheureusement oui ! met des rideaux ! et surtout évite de tomber sur elle !
- Ouais…le gardien m’a prévenu…oui je reviens à ce que je voulais dire…tu sais ou se trouve la cave de l’appartement ?
- La cave ?
- Oui !
Le silence dure plus longtemps que prévu…l’appareil grésille.
- Mamie ?
- Oui oui je suis là ! j’étais en train de réfléchir…mais…enfin je ne me souviens pas qu’on est jamais eu une cave…ah… par contre l’appartement possède un garage !
- Un garage ?…mais… pour la cave tu es sur ?
- En faite non…c’est ton grand père qui s’occupait de tout cela tu sais ! Je ne peux donc rien t’affirmer ! Je sais qu’il y a un garage parce qu’il m’en a parlé un jour mais c’est tout ! Je suis incapable de te dire ou il est d'ailleurs…et encore moins si on a une cave ou pas !
- Est ce que le gardien pourrait me renseigner ?
- Normalement oui.
- Bon je verrais ça demain alors…
Je m’enfonce plus profondement dans le canapé…est ce que je lui demande ?
- Mmh Mamie…je voulais te demander…quand tu habitais dans l’appartement est ce que tu as…comment dire…vu des choses un peu bizarres ? Qui sortaient de l’ordinaire par exemple?
- Ma chérie…je ne vois pas de quoi tu parles ? Il y a eu un problème ?
- Non non…je veux dire tu n’as pas remarqué un comportement étrange chez les voisins ?
- Ecoute…à part "la" Gerdigon, je ne me souvient plus trop. Il y a peu être eu des changement depuis dix ans…mais il me semble que les voisins au dessous de toi sont Japonais ! A part eux…il n’y a rien d’autre.
- Bon ok Mamie ! Je vais allez préparer à manger. Je te fais plein de gros bisous d’accord ?
- Oui je t’embrasse ma chérie ! Rappel si tu as un problème ! Bisous tout plein.
Je reste un moment dans le canapé à tourner et retourner la clé dans ma main.
Elle n’a rien de particulière…pas même un numéro !
Je regarde l’heure…je commence à avoir faim. Et je ne me suis toujours pas remise de ma rencontre avec l’homme de l’ascenseur.
Je tente à nouveau de réfléchir à une explication logique…puis j’abandonne.
Soudain j’hésite…non…j’irais demain à la cave en rentrant du boulot !
La soirée file…la cuisine…les infos…le film du lundi soir.
Il est tard mais j’attends patiemment qu’arrive 1h30.
C’est plus fort que moi je ne peux pas m’en empêcher.
Dans la pénombre j’observe une fois de plus l’étrange scène sans en apprendre plus.
Je fini enfin par aller me coucher mais je ne peux m’empêcher de frissonner.
...
3 commentairesChapitre 5 / La cave...
par foortune, le 9 Mai 2008 à 01:25 (modifié le 09/05/2008 à 10:23)
Journée du Mardi/ Mardi soir
La journée traîne en longueur…la grosse horloge de la salle d’attente n’avance pas.
Les clients défilent les un après les autres avec une affligeante lenteur
Jamais je ne tiendrais le coup jusqu’à la fin de la journée !
Une seule chose m’obsède…la clé !
J’avale de plus en plus difficilement la salive tant ma bouche est sèche !
Je vois soudain un gamin en face de moi coller un chwingom sous son siège !
Je manque de hurler ! Parfois j’en prendrais bien un pour taper sur l’autre !
Bon sang je suis en train de devenir cinglée !…
Il faut que je me calme…zen !
Les heures avancent…avancent…et moi j’ai l’impression de reculer !
Quand enfin le dernier patient franchi la porte je saute littéralement sur place.
Je file prendre ma veste et mon sac. Avec un peu de chance je pourrais choper le gardien !
Mais soudain le docteur Millet sort de son antre et me barre le chemin de la délivrance.
- Laure ! vous n’avez pas oubliez que nous sommes le jour de l’inventaire !
- C’est Claire docteur ! et oui j‘avais complètement oublié.
Je soupir de désespoir…décidemment quand une journée ne veut pas finir elle ne finie pas.
Les heures avancent de nouveaux…
Lorsque enfin je sors du cabinet et des boites de médicaments périmés il est déjà 21h00…
C’est foutu pour le gardien…encore une fois.
Arrivée chez moi je prends quelques minutes pour me doucher et ingurgiter quelque chose de chaud…
La clé de la cave me brûle les doigts…
Je suis enfin prête.
Je m’arrête sur le palier et referme la porte derrière moi.Pas question de prendre l’ascenseur…rien que d’y penser j’en frisonne…
Je respire un grand coup…hésite encore une fois… et fini par descendre au rez de chaussé.
Je sais que quelque part il y a un accès vers les caves.
Derrière l’escalier principal je finie par trouver de nouvelles marches qui s’enfoncent dans la nuit. J’allume la lumière…je descends encore et fini par arriver dans une sorte de sas.
Devant moi s’offre alors trois choix : deux portes à gauche et une à droite.
Je marque pourtant un temps d’arrêt. Des traces de pas noires et humides maculent le sol.
Quelqu’un est passé avant moi il n’y a pas très longtemps ! …
Je passe la main sur mon front et suis surprise d’être en sueur !
Bon…pas la peine de commencer à paniquer ! Commencons dans l’ordre.
La première porte de gauche conduit aux vides ordures…une odeur nauséabonde emplie l’air.
Il n’y a aucune autre porte visible quelques parts.
Je reviens dans le sasse avec soulagement puis ouvre la deuxième.
Je traverse un couloir et pousse de nouveau une porte.
Un clic se déclenche et une lumière automatique se repend dans un immense parking souterrain quasi-vide. Le sol est plein de poussière. Je m’avance doucement en regardant autour de moi. De l’autre côté il y a deux nouvelles portes mais aucune ne veut s’ouvrir.
Sur ma droite il y a des battants de garage. Je les longe en remarquant que chacune porte le nom d’un propriétaire…tous sauf une. Je m’arrête devant et l’observe.
Serait se le garage de mes grands-parents ?
Je tourne la poigné au hasard mais rien ne bouge.
Bon…chaque choses en sont temps ! L’endroit est digne d’un film d’horreur. J’ai hâte de sortir d’ici ! Je me suis fixé un objectif ! Je chercherais le garage une autre fois !
Je ressors par ou je suis venu.
Il ne me reste donc que la porte de droite.
L’accès aux caves ne peut être que là !
Bingo !
Il fait un noir d’encre et des cailloux crissent sous mes pieds.
La faible lumière du sas n’éclaire qu’une petite partie d’un long couloir qui part se perdre dans l’ombre. Devant moi je distingue vaguement plusieurs portes sales qui se tiennent les unes à côté des autres…des caves !
Je commence à tâtonner le côté du mur. Il doit bien y avoir un interrupteur !
Bon sang on y voit vraiment rien ! Je commence à moitié à paniquer…
Soudain mes doigts se referment sur une sorte de gros interrupteur. Je le tourne. Rien.
Je serre les dents de dépit…je le tourne encore dans un sens puis dans l’autre mais rien à faire. Ca ne marche pas !
- Clip !
Tout à coup la lumière s’éteint.
Noir.
Un cri de surprise s’échappe de ma bouche. Je recule et percute le mur de béton.
Affolée je me précipite vers le sas pour rallumer !
Mais quelle idiote bon sang !
Je reviens à l’endroit que j’ai quitté et en plissant les yeux je finie par distinguer une prise juste à côté de l’interrupteur ainsi que des fils qui semblent tomber du plafond !
Mais qu’est ce que c’est que ce système de fou ???
Je m’arrête pour réfléchir…tout ce silence commence à me briser les nerfs…
Je n’ai pas d’autre solution que de remonter chez moi pour trouver une lampe de poche !
- Andouille ! t’aurais pu y penser avant !
Mes mots résonnent bizarrement dans cet endroit clos.
Je remonte presque en courant les escaliers jusqu'à chez moi.
Retour à la case départ !
L’endroit est chaud et rassurant mais je m’agite dans tous les sens pour trouver une lampe torche ! Ne pas perdre de temps…ne pas penser à autre chose.
J’ouvre les placards et tripote les tiroirs. Enfin je tombe sur l’appareil que je cherche !
Je redescends les escaliers en vérifiant que les piles fonctionnement.
Mes pieds crissent de nouveau sur les graviers.
Face à l’interrupteur j’allume ma lampe et observe.
Perplexe je contemple le mic mac de fils électriques qui s’entremêlent sur le mur.
Je pense avoir compris !
J’attrape un fil de couleur qui pendouille et le branche dans la prise.
Cette fois lorsque je tourne l’interrupteur un clic se déclenche.
La lumière s’allume derrière une porte perdue au milieu des autres
Chaque fils de couleur correspond donc à la lumière d’une cave ! je les essaye toute…
Mais rien ne s’allume pour éclairer l’ensemble du couloir !
- Si je chope l’abruti qui a installé un système pareil je vais lui montrer ma façon de penser !
La lampe de poche va m’être bien utile finalement !
Surtout si je dois essayer la clé sur chacune des portes !
Je prends mon courage à deux mains et commence par la première juste en face de moi.
Puis la deuxième…la troisième…
La clé ne rentre dans aucune…ou alors fausse joie elle ne tourne pas…
Je m’avance de plus en plus dans les ténèbres…la lumière du sas a fini par s’éteindre
Pourvu que la lampe ne me lâche pas !
A mi chemin je commence à me demander ce que je fais vraiment ici…
Pourtant je continue…pour arriver devant la dernière porte au fin fond du couloir.
La lumière de ma lampe éclaire la serrure.
Si celle ci ne s’ouvre pas que vais je faire ?
Je glisse la clé…qui rentre parfaitement…tourne…et voit comme dans un miracle le clenche de la porte se rentrer…la porte est ouverte !
Mon cœur bat la chamade…c’est le moment de vérité !
Qu’est ce que je vais bien pouvoir trouver !
Je prends fermement la poignée et ouvre….
Mais quelque chose se bloque dans un craquement sinistre et la porte reste entrebâillée !
Je manque de tomber dans les pommes de frustration !
Mais qu’est ce qu’il y a encore ?
Ma lampe torche s’arrête sur un énorme cadenas noir en bas de la porte.
Et bien il ne manquait plus que ça…
Je m’accroupie et prends le cadenas dans une main.
Il est énorme, solide, et littéralement incrusté dans la porte !
Je réfléchi à toute allure…défoncer la porte ? Non il me faudrait une hache !
Est-ce qu’une pince pourrait couper le cadenas? Non trop gros…
Une scie ? y a t-il seulement une scie chez moi ? Dans une trousse à outil de mon grand-père ?
Je grince des dents…
Peut être avec une épingle ? Comme dans les films ? Non…je n’ai rien d’une voleuse professionnelle !
…
Soudain j’entends des pas derrière moi…
Mon cœur manque un battement.
Je me retourne en un éclaire et suis aveuglée par la lumière.
Mes pieds refusent de bouger et je tombe sur les fesses de surprise !
- Mon dieu ! Je suis désolé ! Je ne voulais pas vous faire peur ! Vraiment ! Je pensais que vous m’aviez entendu !
- Non ! Vous m’avez foutu la trouille de ma vie !
Je ne vois pas l’homme devant moi.
Celui ci fait un mouvement et file vers l’entrée !
- Attendez je reviens !
J’entends un bruit sourd et la lumière filtre soudain de dessous la porte à côté de moi.
L’homme est déjà de retour et ouvre sa cave. Je vois alors comme en plein jour.
Il enlève de sa tête un casque de chantier incrusté d’une lampe et m’aide à me relever.
- Encore désolé ! Je croyais que vous m’aviez entendu ! Quand je vous ai vu accroupi devant la porte j’ai cru que vous aviez un problème.
- Ce n’est pas grave…
- Mais qu’est ce que vous faite là dans le noir ?
- Et bien…je …je suis nouvelle dans l’immeuble et je cherchais ma cave !
- Ah je comprends ! Le système d’éclairage ne vous est donc pas familier ! Il faut dire qu’il est spécial !
- C’est le moins que l’on puisse dire oui !
- Mais je ne me suis même pas présenté ! Jacques Somet ! enchanté !
- Claire Chatel…
- Vous avez des problèmes pour ouvrir votre porte ?
- Oui euh ! Auriez vous une scie ?
- Pardon ?
- Et bien…regardez…je viens de découvrir un cadenas…
- Oui…et bien c’est un sacré truc en effet…désolé mais je ne bricole pas…
- Tant pis…
Mes idées s’embrouillent…L’homme est petit et presque chauve. Je remarque soudain qu’il est en pyjamas !
Mais que fait cet homme en pyjamas avec un casque de chantier dans la cave à 11h du soir ? Décidemment je me pose peut être trop de questions compliquées…après tout j’y suis bien moi dans la cave…et j’ai l’air plus louche que lui !
Il remarque enfin que je le fixe…
- Ah…c’est que je n’ai pas eu le temps de m’habiller ! j’avais quelque chose d’urgent à venir chercher !
Il semble gêné…je détourne la tête et pose les yeux sur le bric à brac que contient sa cave…soudain je remarque un truc !
- Non non pas de problème…ne vous en faite pas…mais…dites-moi ! votre cave là elle donne sur la mienne et je vois qu’il y a un soupirail ! Est-ce que…je veux dire…ça vous embête que je regarde juste une minute ! C’est la cave de mes grands-parents ! je ne sais pas ce qu’elle contient ! vous voyez j’ai la clé et tout mais je ne pensais pas tomber sur un cadenas ! ça vous dérange ?
- Euh…et bien non…je vous en prie !
Je me précipite comme une folle dans la pièce.
Juste devant le soupirail il y a un petit marche pied. Sans hésiter je me hisse dessus.
Arrivée à hauteur il y a une grille….je ne pourrais pas passer par là.
Je ne vois rien…il y a une sorte de bâche opaque qui bouche la vue. Je passe ma main et tente de la soulever. Mais celle ci est trop lourde. J’aperçois tout de même des bouteilles vides et une sorte de carton…pas plus…
Je ressors de la cave du voisin déçue et bredouille de cette expédition.
L’homme aux lunettes n’a pas bougé d’un pouce.
- Désolée pour le dérangement !
Il hoche la tête mais ne dit rien.
Je referme à clé la porte de ma cave puis lui lance un « bonsoir » en regagnant le sas.
Je remonte jusqu'à chez moi et m’enferme à double tour…
Je suis extenuée comme après un marathon !
Ma tête va exploser…mais quel merdier !
Je reste un moment immobile à contempler le vide…
La dame et son chat de 1h30…
Le gardien louche…
Madame Gerdigon…
L’homme au sniper…
La clé…
La cave…
Le cadenas…
Tout cela ça fait trop pour moi…
Non ! je ne dois pas commencer à délirer !
Je vais me coucher et y penser plus clairement demain.
Il y a vraiment trop de choses qui ne collent pas dans cet immeuble !
Pas la peine d’attendre 1h30…de toute façon je sais que la dame au chat sera là pour rejouer la même scène…
…
Je me tourne et me retourne…
Je suis en sueur…
Un bruit lancinant s’infiltre dans ma tête…
Je me réveille en sursaut au milieu de mon lit.
Les mains sur le crâne je regarde fixement mon réveil.
3h00…
C’est pas vrai….mais je suis en train de devenir folle ou quoi !
La musique est pourtant bien réelle…
Mais qui peut donc bien jouer de la flûte à 3h du matin ?





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